Préservation de la culture Bissu (Célèbes) Indonésie 2011 à 2013  
 
 
En ces temps de « rendez-vous en terre inconnue » et autres documentaires ethniques qui font exploser l’audimat, on découvre que le monde est heureusement encore loin d’être uniforme. Fort de ce constat, c’est dans la lointaine Indonésie que nous vous transportons aujourd’hui et tout particulièrement au sud de l’île de Célèbes, dans le monde des Bissu.

Au XIème siècle cet univers prend forme, à partir d’une cosmogonie et d’un Livre. Pas n’importe lequel, puisqu’il inscrit ses quelque 600.000 vers dans plus de 30.000 pages auxquelles les Bissu prennent une part active. Mais alors qui sont-ils, ceux dont nous voulons aujourd’hui perpétuer la culture ? Ils sont « enfants de dieux » et dames de cour du sultanat (travestis par nécessité cultuelle, celle de n’être ni homme ni femme) qui veillent sur les Arajang, ces objets ancestraux empreints de force magique et hérités des croyances pré-musulmanes
  carte
 
  Bissu lors d'un rituel  
Cependant c’est autour du Prince-Sultan de Bone que les Arajang prennent vie, lors de rituels complexes régis en grande partie par les Bissu, « ceux qui parlent le langage des dieux ». Pourtant, récemment encore, ils furent persécutés par certains musulmans radicaux qui ont cherché à anéantir cette culture brillante, élément identitaire essentiel de Célèbes-Sud. Car les Bissu sont le lien inaliénable entre les nobles et le peuple, assurant en cela la cohésion sociale.
  Bissu et Prince  
  Les Bissu lors d'un rituel Le Prince de Bone et quelques Bissu
 
  C’est ici que nous intervenons. Dans notre souci de protéger cette société raffinée et touchante, fidèles à nos principes de défense des minorités, afin que ce monde ne soit pas seulement celui des cultures prépondérantes, avec les risques réducteurs qui sont inhérents. Toute précarité sociale trouve son écho dans un dénuement économique et les Bissu ont du mal à survivre. Cantonnés essentiellement dans des emplois de second ordre et aléatoires, leur vraie fonction risque de disparaître, tout comme ce riche héritage culturel.

En accord avec le Sultan de Bone, fervent défenseur de la cause Bissu, nous allons entreprendre la construction d’une maison, simple mais fonctionnelle, qui rassemblera les Bissu du Collège de Bone s’élevant à une trentaine de personnes. La construction sera édifiée sur un terrain appartenant au Sultan pour éviter toute mainmise ultérieure par d’éventuels intégristes au pouvoir. Elle sera faite de matériaux en dur afin de limiter les risques d’incendie et garantir davantage de place que dans les maisons traditionnelles, au prix par ailleurs plus élevé. Il conviendra aussi de rénover la cuisine liée au rituel des Arajang
  Les Arajang et le Prince de Bone  
Les Bissu lors d'un rituel

Le coût est de l’ordre de 51.000 $ et ceux qui souhaitent tout particulièrement s’investir dans cette action sont bienvenus. Il suffit de le préciser sur votre formulaire de dons.

Nous sommes très heureux de cette nouvelle dimension donnée à ADIDHANA à travers ce projet de préservation des cultures, toujours sans le moindre jugement ni a priori, mais au simple nom de l’humanisme et du respect de autres.

Ceux qui sont spécialement intéressés par cette nouvelle initiative sont invités à nous demander un dossier d’information détaillé sur l’histoire et la culture des Bissu.

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